Que sont les bénéfices secondaires ?
Pourquoi est-il parfois si difficile de changer une situation qui nous fait pourtant souffrir ?
Pourquoi certaines personnes restent-elles dans une relation insatisfaisante, un emploi qui ne leur correspond plus, un manque d’argent chronique ou des schémas qu’elles souhaitent sincèrement dépasser ?
Ces questions traversent de nombreux parcours de vie et les réponses sont rarement aussi simples qu’elles en ont l’air.
En effet, lorsque nous cherchons à changer une situation qui ne nous convient pas, nous imaginons souvent que tout dépend de notre volonté.
Pourtant, certaines difficultés persistent alors même que nous souhaitons sincèrement changer.
C’est là qu’intervient la notion de bénéfice secondaire.
Le bénéfice secondaire ne signifie pas que nous choisissons consciemment nos difficultés. Il désigne plutôt un mécanisme de protection qui agit en arrière-plan.
Derrière une situation qui semble nous limiter se cache parfois quelque chose qui cherche à nous préserver d’une peur, d’une perte ou d’une incertitude que nous ne percevons pas toujours immédiatement.
Porter ce regard change souvent la nature de nos questions.
Au lieu de nous demander : « Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à changer ? » nous pouvons commencer à nous interroger : « Qu’est-ce que cette situation cherche peut-être à protéger ? » Cette question ouvre souvent un espace de compréhension différent.
Car derrière certaines résistances ne se cache pas nécessairement un manque de motivation ou de courage.
Il peut y avoir une peur que nous préférons éviter.
Une responsabilité que nous ne nous sentons pas prêts à assumer.
Une image de nous-mêmes à laquelle nous restons attachés.
Ou simplement un équilibre familier que nous hésitons à quitter.
Face à l’incertitude, nous avons souvent tendance à revenir vers ce qui nous est connu.
Même lorsqu’une situation ne nous satisfait plus complètement, elle peut continuer à représenter un point d’appui rassurant.
Le changement ouvre des possibilités nouvelles. Il nous demande aussi d’apprivoiser une part d’inconnu. C’est souvent là que nous commençons à comprendre ce que certaines de nos difficultés cherchent à préserver.
Ne pas se lancer permet parfois d’éviter l’échec.
Prendre moins de place peut protéger du regard des autres.
Rester dans une situation familière évite parfois d’avoir à redéfinir qui nous sommes.
Certaines difficultés permettent aussi de continuer à recevoir de l’attention, du soutien ou de la protection.
Ces mécanismes ne sont généralement pas conscients. Ils répondent souvent à des besoins profonds qui ont eu leur raison d’être à un moment de notre histoire.
Au fil des accompagnements, j’observe également qu’un blocage apparent révèle parfois une forme de fidélité.
Une fidélité à notre histoire familiale.
À certaines valeurs reçues.
À des blessures anciennes.
Ou à l’image que les autres ont toujours connue de nous.
Grandir, réussir, gagner davantage d’argent, changer de métier ou prendre sa place dans le monde peut parfois être vécu comme une forme de séparation.
Comme si avancer impliquait de laisser quelque chose derrière soi.
Ce que nous appelons un blocage est parfois une manière de rester relié à ce qui a compté.
Et cette intention mérite souvent d’être reconnue pour amener véritablement le changement que nous recherchons.